Lasaire
a entamé une réflexion de fond sur la dimension
sociale de l’Europe en construction en lançant
dès 1990 ses rencontres biennales. Ces rencontres
constituent aujourd'hui un lieu de référence
pour le débat social européen et sont l'occasion
de faire progresser la réflexion, de tester et
de développer des idées nouvelles, d'associer
le plus largement possible les acteurs et les cultures
sociales et de favoriser les phénomènes
de capillarité entre modèles sociaux.
Progressivement les questions autour de l’emploi
et de l’exclusion sont devenues prépondérantes
; le thème central des biennales pouvant s’énoncer
ainsi : « Comment mettre l’emploi au cœur
de la construction européenne ». Pour réaliser
son ambition de mettre l’emploi et le social au
cœur de l’Europe Lasaire a voulu ouvrir un
espace original qui permette des échanges pluralistes,
donne à des compétences et des pratiques
sociales trop souvent cloisonnées l'occasion de
se rencontrer et de confronter leurs analyses, enfin d'ébaucher
des propositions et des éléments de solutions.
L'originalité de ces rencontres tient au fait que
dès le début les débats ont été
organisés dans un cadre pluraliste réunissant
outre les acteurs sociaux européens (Commission
européenne, UNICE, CEEP, CES) les patronats et
représentants d'entreprise, les organisations syndicales
et responsables syndicaux d'entreprises, universitaires
et experts venus des différents Etats membres.
Nous avons affirmé d’emblée notre
volonté de faire de ces biennales des rencontres
vraiment européennes. Les problématiques
ont été conçues dans une optique
directement européenne de même que nous avons
veillé à la diversité des acteurs
sociaux invités à y participer. Cette démarche
n’était pas acquise d’avance et nous
l’avons progressivement affinée renforçant
toujours un peu plus l’approche européenne,
dans la conception des biennales, leur élaboration
conceptuelle, leur réalisation effective. C’est
ainsi que pour la cinquième biennale nous avons
renforcé la coopération transnationale entamée
en 1996.
Ces rencontres sont précédées d'un
long travail de préparation et de maturation auquel
sont associés de manière étroite
les acteurs sociaux européens, UNICE, le CEEP,
la CES, la Commission ainsi que des ministres du travail
et des experts connus et reconnus en Europe. Les débats
sont organisés à partir d'un document faisant
le point de l'état de la question et mettant en
lumière les principaux enjeux.
Les thèmes abordés lors des biennales comportent
une part de continuité et d’approfondissement
des questions déjà évoquées
et une part de sujets nouveaux choisis en fonction de
l’actualité et des demandes. Par contre chaque
biennale s’organise autour d’un fil conducteur.
Les travaux des ateliers thématiques sont tous
abordés à partir de cette réflexion
centrale : l'Europe des régions, services publics
et construction européenne, les retraites et l’emploi,
la lutte contre l’exclusion.
Les deux premières biennales en 1990 et 1992 avaient
abordé les différentes facettes de l'édification
de l'Europe sociale : la construction des acteurs sociaux
européens, le protocole social du traité
de Maastricht, les débuts du dialogue social européen,
les différents modèles socio-productifs
en Europe, la place du travail, de l'éducation
et de la formation, des relations sociales dans les critères
de compétitivité, les problèmes d'immigration.
La troisième rencontre a fait de l'emploi, du chômage
et de la politique économique européenne
son fil conducteur. La quatrième s’est déroulée
sur fonds de renégociation des traités.
Celui de la cinquième biennale était lié
à la nouvelle donne apportée par la monnaie
unique et les perspectives de l’élargissement
de l’Union européenne. La sixième
biennale en 2000 s’est déroulée sur
fond de redéfinition d’un pacte européen
pour l’emploi et de réforme des traités
avec la présidence française au deuxième
semestre.
La septième biennale, en 2002, avait posé l'épineuse question de la conciliation entre l'élargissement et l'approfondissement de l'Europe sur fond de mondialisation. Allait-on jeter des jalons pour éviter la dilution de l'Europe sociale ou bien l’Europe politique était-elle condamnée à se réduire à un cartel de nations le plus souvent divisées ? La 8e biennale, en janvier 2005, en a fait le constat. L'élargissement était devenu réalité mais sans approfondissement. A la veille des référendums français et néerlandais, la question centrale se posait en ces termes : comment l'Europe élargie pouvait-elle encore s'organiser pour constituer un acteur en capacité de promouvoir des formes de régulation et d'encadrement de la mondialisation ?
La 9e édition des rencontres biennales 2006-2007 a pour thème la relance de l'Europe après le rejet du traité constitutionnel. Elle a débuté par un séminaire, en octobre 2006 à Saint-Etienne, qui a eu lieu dans le cadre du Forum : « Pour une mondialisation responsable » qui se tenait à Lyon.