Pour répondre à ces questions, Lasaire a organisé un dîner débat
mercredi 29 Juin 2011, au restaurant « La Place d’Aligre »
Le débat a été présidé par Joël Le Coq et introduit par Joël Maurice
Les conclusions ont été réalisées par Jacques Freyssinet
Sont intervenus dans le débat :
Laurent Berger, Secrétaire National de la CFDT
Michel Coquillion, Vice-Président confédéral de la CFTC
Dominique Corona, Secrétaire National UNSA
Sabine Génisson, Secrétaire Confédérale de la CGT, coordinatrice nationale jeunes,
Stéphane Lardy, Secrétaire Confédéral FO
Le chômage des jeunes est en train de sauter au visage de nos sociétés européennes après avoir été un ferment du « printemps arabe » qui a commencé fin 2010.
La partie la plus visible est la situation des jeunes diplômés qui ne trouvent pas de travail, ou alors un travail précaire à un niveau ne correspondant pas à leur qualification. Un phénomène accentué par la crise, qui ne devrait pas masquer la tendance forte de notre société, depuis 30 ans, à exclure une part de plus en plus grande de jeunes mal lotis qui sortent de formation initiale sans diplôme ni qualification et sont exposés à une précarité continue avec de faibles revenus et souvent du temps partiel contraint.
Pour une proportion significative de jeunes, l’accès à un emploi durable, support de conditions de vie normales, est le résultat incertain d’un long parcours chaotique. Cette inégalité est inacceptable parce qu’elle peut affecter toute l’existence professionnelle et sociale de celles et de ceux qui en pâtissent, parce qu’elle représente pour la société un potentiel de développement gaspillé et parce qu’elle est paradoxale dans une société vieillissante qui a besoin de nouveaux producteurs de valeur ajoutée.
On ne s’étonnera donc pas que depuis les années 1970, la politique de la jeunesse et tout particulièrement les conditions d’accès des jeunes à l’emploi, reste un thème très présent dans le discours sinon l’action politique. La crise actuelle le porte même au premier plan. Les initiatives, les programmes d’action fleurissent au gré des échéances électorales et des mouvements de conjoncture. La modestie des résultats obtenus fait problème. L’ampleur des changements de comportements et des modifications de règles du jeu qu’exigerait une insertion dans l’emploi équitable n’est-elle pas hors du champ d’une action politique réaliste ? Ne sommes nous pas condamnés à renouveler la boite à outils faute de pouvoir colmater la brèche ?
C’est une réflexion de plus grande ampleur que propose Lasaire à travers le cahier rédigé par Gabriel Mignot.
Partant d’un état des lieux rigoureux il propose de travailler dans la durée sur une politique de l’emploi qui écarte l’instabilité des dispositifs, le morcellement des responsabilités et favorise une meilleure définition du rôle des acteurs, la mise en cohérence des actions autour de « paquets » construits pour combler simultanément les diverses failles relevées.
C’est pourquoi il propose une association plus étroite entre le monde de l’activité professionnelle et la formation, des dispositifs d’aides à la première insertion, une clarification des compétences et une obligation de coopération opératoire des acteurs sur les territoires.
Lasaire soumet ces réflexions et ces propositions au débat. Dans un premier temps il nous paraît nécessaire d’interroger les confédérations syndicales. L’emploi des jeunes est l’objet d’une négociation nationale interprofessionnelle, un accord a été signé pour faciliter l’insertion de jeunes « décrocheurs ». Les travaux se poursuivent, entrent-ils dans le cadre de la réflexion plus globale proposée par Lasaire ? Comment les organisations syndicales envisagent-elles ces évolutions de fond ?